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TERRES AUSTRALES. [Marc marion Du fresne…

Lot 433
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TERRES AUSTRALES. [Marc marion Du fresne…

TERRES AUSTRALES. [Marc marion Du fresne (1724-1772) marin et explorateur]. Manuscrit, Journal du voyage fait sur le vaisseau du Roi Le Mascarin, commandé par Mr Marion [...] pour faire le voyage de l’Isle Taïty ou de Cythère, en faisant la découverte des Terres Australes, passant à la Nouvelle Hollande, à la Nouvelle Zélande, &c. &c., par le Sr Jean Roux, lieutenant sur Le Mascarin, [1776 ?] ; cahier in-fol. lié d’un ruban bleu de 64 pages.
Très intéressant journal de voyage du Mascarin tenu par le lieutenant Jean Roux, du 18 octobre 1771 au 7 mai 1773, retraçant le périple du vaisseau Le Mascarin, depuis Port-Louis de l’Isle de France [Maurice], sous le commandement de Marion-Dufresne, qui laissera sa vie en Nouvelle-Zélande, jusqu’à son retour au port de départ. [On connaît deux autres copies de ce récit de Jean Roux, aux Archives nationales, série Marine 4JJ/142/18, et dans le fonds de la Société de Géographie conservé à la Bibliothèque nationale de France, avec une lettre d’envoi de Jean Roux de mai 1776.]
L’auteur y recueille des faits précis de la navigation (conditions climatiques, distances parcourues, repérages et baptême d’îles, observation d’oiseaux aquatiques, etc.) : arrivée au Cap de Bonne Espérance (2 décembre 1771), vue des Terres australes (3 janvier 1772), découverte et description de l’archipel que Marion nomme « Isles arides » [Crozet, 22-24 janvier], arrivée à la « Nouvelle Hollande ou Terres de Diemen » [Tasmanie, 3 mars], mouillage dans la baie de Frederick Henry (6 mars), départ de la Nouvelle Hollande (10 mars), arrivée à la Nouvelle Zélande (25 mars), exploration des côtes, réparation des bateaux, abattage des arbres pour faire des mâts, etc.
Roux raconte une première rencontre avec « les naturels » de la baie de Frederick Henry, qui tourne rapidement à la violence ; leur découverte de maisons admirables, ornées de sculptures, en Tasmanie (Nouvelle-Zélande) ; les échanges de cadeaux avec des individus peints en rouge et tatoués : « Nous ne pouvions refuser notre admiration à leur bonne constitution et à leur belle stature : ils se prêtèrent avec complaisance à notre curiosité. Nous examinions les figures qui étoient imprimées sur leurs visages, aux cuisses et en differens autres endroits du corps, ils tâchoient de nous faire comprendre par signes la façon dont ils se faisoient ces marques. À leur tour ils nous regardoient avec beaucoup d’attention, et considéroient notre blancheur comme quelque chose d’extraordinaire, alors il leur échapoit un cri de surprise, ils prenoient plaisir à regarder sous nos vêtemens si c’étoit la même couleur, ils restoient en extase, puis ils nous faisoient une infinité de caresses dans lesquelles on appercevoit cependant une espèce de férocité, souvent il leur échapoit d’appliquer leurs lèvres sur nos mains ou sur notre visage lorsqu’on le leur permettoit, ils serroient comme s’ils eussent voulu sucer » (3 mai 1772)... Témoin d’un combat entre indigènes, Roux détaille leurs armes : lances, flèches, massues, « une espèce de sagaie à dents et fort aigue » et un casse-tête apte à faire sauter le crâne de l’adversaire... Anecdotes concernant des vols par les « naturels », la fuite de quatre esclaves noirs de M. Marion, une prise d’otages... Réflexions sur l’autorité des chefs, les apparences d’un culte, les femmes soumises (elles « font tous les travaux, les hommes ne s’occupent que de la guerre »), la nourriture, les coiffures de plumes, les outils, l’intérêt porté par les indigènes à la coupe de nouveaux mâts et à la réparation des vaisseaux...
Le 12 juin 1772, récit du massacre de Marion du Fresne, parti pêcher dans l’anse de Tacoury, avec quelques autres marins ; tous (sauf un matelot qui put s’échapper) sont massacrés par les « barbares », qui viennent ensuite auprès des marins pour s’en vanter : « ils prenoient leurs casse-têtes, en repétant Marion maté, et faisoient la demonstration de quelle façon ils l’avoient tué ». Les représailles ne tardent pas, et l’auteur constate : « Je fus entièrement convaincu que ces peuples n’avoient aucune connoissance antérieure des Européens, et qu’ils étoient conséquemment dans une parfaite ignorance de l’effet et de la portée de nos armes à feu, en ce qu’ils croyoient par le moyen de leurs manteaux se garantir de nos coups »... Les sauvages s’étant retirés dans les montagnes, Roux explore « l’Isle Marion » en vain à la recherche des corps de Marion et ses compagnons, mais ne trouve que quelques restes humains : « Il n’y a aucun lieu de douter d’après cela que ces naturels ne soient antropophages »…
Le 12 juillet 1772, les mâts réparés et ayant fait de l’eau, « on envoya enterrer une bouteille sur l’Isle Marion où étaient renfermées les armes de France et la prise de possession de tout ce pays, que nous nommâmes la France Australe »… Le lendemain, départ du Port Marion. 26 septembre, arrivée à l’île de Guaham, d’où l’on repart le 19 novembre (description de l’arbre à pain), pour Manille (séjour du 9 décembre au 19 mars 1773) ; le 7 mai 1773 « nous mouillames en rade du Port Louis à l’Isle de France d’où nous étions partis au mois d’octobre 1771 ».
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