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Évariste HUC. L.A.S., Ning-Po [Ningbo] 12…

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Évariste HUC. L.A.S., Ning-Po [Ningbo] 12…

Évariste HUC. L.A.S., Ning-Po [Ningbo] 12 novembre 1849, à son frère Théophile Huc, étudiant en droit à Toulouse ; 3 pages in-4, adresse.
Longue lettre politique écrite de Chine après la révolution de 1848, contre l’engagement de son frère dans le socialisme. Il tente, tout en diplomatie, de l’en dissuader. « À mon avis les chefs de parti sont pour l’ordinaire des ambitieux ou des fanatiques qui exploitent à leur profit le courage et le dévouement de pauvres victimes qui le plus souvent ne savent pas trop où on les mène. Ainsi pour ce qui regarde le socialisme je serais bien aise de savoir clairement où il veut aller et ce qu’il prétend faire. Ne crois pas, mon cher montagnard, que je sois ici totalement dépourvu de renseignements. Sur la table où j’écris j’ai les brochures du citoyen Proudhon, le Voyage en Icarie du citoyen Cabet et des journaux de toutes les couleurs. Tous nous arrivent ici par le moyen des bateaux à vapeur anglais. J’ai donc lu un tas de choses sur les questions qui agitent la France et l’Europe. Je vois partout une prodigieuse fermentation, mais rien encore de bien net, de bien dessiné. J’ai acquis pourtant une conviction bien profonde ; c’est que si les Socialistes venaient à renverser le gouvernement et à prendre sa place, ils n’attendraient certainement pas vingt-quatre heures sans se dévorer les uns les autres. Est-ce que par hasard tu aurais la candeur de croire à la fraternité de tous ces messieurs ? Est-ce que Proudhon ne se prendrait pas immédiatement aux cheveux avec Victor Considérant, Barbès avec Blanqui et Raspail avec Ledru-Rollin ? Les nouveaux montagnards feraient comme les premiers, ils s’extermineraient mutuellement [...] Je suis persuadé que le parti des Socialistes est un parti fanatique, et le fanatisme politique n’est pas moins à redouter que le fanatisme religieux »… Il évoque les difficultés de communication entre la Chine et la France [du 12 novembre 1849, cette n’arrivera que le 1er mars 1850 à Toulouse], les nombreuses lettres qui se perdent, certaines disparaissant mystérieusement après avoir été décachetées au ministère des Affaires étrangères. « Maintenant que me voilà, selon toute apparence, définitivement fixé à Ning-Po, il me sera beaucoup plus facile de recevoir vos lettres et de vous envoyer les miennes, les navires anglais arrivent ici régulièrement. Ainsi, quoiqu’en Chine, je respire toujours un peu l’air européen »...
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